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Mardi 10 novembre 2009
En réponse à un lycéen écrivant sur son mur :

"La vie pose le problème du poids de la fatalité inhérente à toutes destinées humaines. La confrontation avec l'absurde condamne l'homme à être la victime du hasard."


Aux mots fatalité, destinée, absurde, victime, hasard... je préfère ceux-ci :
- liberté : détermination de soi pour ce qui est vrai, bon et beau, non pas contre mais en tenant compte de ce qui me conditionne ;
- vocation : réponse à un appel personnel venant de plus loin que de moi-même ;
- sens : a priori de confiance en la cohérence de mon histoire, fût-elle perçue après coup ;
- sujet : personne, susceptible de consentir - ou pas - au statut de victime ;
- mystère : non ce qui est incompréhensible, mais ce dont notre compréhension toujours croissante ne saurait épuiser la richesse...

 
Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Par Raphaël Bui
Jeudi 25 juin 2009
Ci-dessous, la mise en forme d'une discussion en ligne sur facebook, hier soir tard, avec une lycéenne...


Elle : ça va ? tu vis toujours ton petit train-train de prêtre surmené ?

 

Le prêtre : C'est en rapport à mon dernier message sur facebook ? En réalité, on peut être surmené avec peu de choses que l'on fait dans le stress, et en faire beaucoup paisiblement et joyeusement, ce qui était tout à fait le cas lundi...

 

Elle : Tant mieux, et pour le stress tout est question d'organisation.

 

Le prêtre : Oui, mais pas que ça... Il y a des jours où je mets davantage en pratique ce que traditionnellement on appelle la "sentence ignatienne de l'action", la règle de Saint Ignace de Loyola pour une action fermement décidée, et pourtant accomplie dans la confiance, la paix et la joie...

 

Elle : Donc en fait, pour faire la même chose, tu vas y mettre plus de cœur et d'énergie ?

 

Le prêtre : Oui, de manière personnelle, engagée, et en même temps plus... décontractée, en ayant humblement conscience que ce n'est pas moi le Maître de l'histoire...

 

Elle : Mais comment on agit en étant le maître de l'histoire ?

 

Le prêtre : La règle ignatienne de l'action est en latin celle-ci (je te donnerai ensuite la traduction en français, si cela t'intéresse) :

"Sic Deo fide, quasi rerum successus omnis a te, nihil a Deo penderet ;
ita tamen iis operam omnem admove, quasi tu nihil, Deus omnia solus sit facturus
."

 

Elle : Oui ça m'intéresse car j'ai beau avoir fait du latin au collège, mes souvenirs et connaissances sont vagues.

 

Le prêtre :

"Aie foi en Dieu comme si le succès de tes œuvres dépendait en tout de toi, et en rien de Dieu ;
de même cependant, efforce-toi d'agir en tout comme si Dieu seul devait tout faire, et toi rien."

 

Elle : Pourquoi dans la Bible, ils disent toujours dans un sens puis l'inverse ? en fait la 1ère version me convient ; la 2ème, je ne la comprend pas.

 

Le prêtre : C'est la vie qui est paradoxale. La première formule dit que la foi ne déresponsabilise pas l'homme de ses décisions et des actes qu'il doit poser. La seconde dit qu'une fois décidée, l'action doit être menée avec la décontraction de celui qui sait que c'est Dieu seul le Maître de l'histoire, et que succès ou échec, il fait tout contribuer au bien de ceux qu'il aime.

 

Elle : Ok merci c'est plus clair. En gros, il faut avoir conscience des autres lorsqu'on agit ? et non pour son propre intérêt ?

 

Le prêtre : Ce n'est pas tout à fait la question. Le problème est que l'on fait souvent l'inverse de ces 2 règles : avoir foi en Dieu comme en attendant qu'il fasse un miracle ; et inversement, quand on agit, se mettre la pression, en faisant comme si tout ne dépendait que de soi, en étant incapable d'accueillir l'échec.

 

Elle : Ok la 1ère règle, ça ne me concerne pas ; la 2ème si, mais comment accepter certains échecs si on est mal vu après... ? est-ce qu'on n'accepte pas l'effort lorsqu'on est déçu de notre travail et qu'après on travaille plus pour y arriver, même si on met la barre haute ?

 

Le prêtre : Les 2 règles ont toutes deux un rapport avec la foi (fides, qui signifie aussi confiance et fidélité). La 2ème signifie que c'est Dieu seul qui est Dieu, et qu'il y a une prétention cachée à se prendre pour Dieu, dans la manière dont nous entreprenons nos meilleures actions. Il s'agit de se décider librement, en prenant nos responsabilités (règle 1), puis de mettre en oeuvre la décision prise, en étant "détaché", en se rendant indifférent au résultat, le laissant à Dieu seul. Ce n'est pas non plus que l'on s'en fiche, puisque l'on a décidé l'action en âme et conscience, mais la mise en oeuvre est... confiante et donc décontractée.

 

Elle : Ok c'est une belle philosophie, mais pour moi je crois que c'est irréalisable : je stresse trop, car c'est pas que j'ai peur de rater, car je recommence, mais je veux obtenir le mieux en me donnant à fond. Enfin, moi je veux surtout savoir si c'est égoïste comme comportement, car pour moi maintenant, ça va peut être pas te plaire : la religion, c'est une belle chose, car ça aide à cadrer l'esprit, mais pour moi la notion de Dieu est irréelle.

 

Le prêtre : Je peux comprendre que tu le vois ainsi, puisqu'il en était de même pour moi jusqu'à l'âge de 20 ans. Ce qui a fait la différence à 20 ans, c'est qu'en scientifique se soumettant aux faits, j'ai eu la chance de rencontrer des croyants tout aussi scientifiques que moi, et dont le témoignage, la manière de vivre en cohérence avec leur foi, ne m'a pas fait interpréter leur foi comme une illusion, mais plutôt ma non-foi de l'époque comme un manque d'attention à la réalité la plus profonde.

 

Elle : Non mais si tu veux moi, je crois en l'homme et pas en une force supérieure.

 

Le prêtre : Et il est presque... normal qu'il en soit ainsi quand on a 17 ans, c'est à dire quand on est en plein dévoilement de ses talents, de toutes ses potentialités, quand on n'a pas vraiment fait l'expérience de ses limites.

 

Elle : Je ne sais pas si je changerai d'avis car moi quand j'étais petite j'y croyais ; et puis pour moi je trouve la Bible géniale, car elle donne un peu de morale à ce monde, mais pour moi elle a juste été écrite par des gens remplis de bon sens.

 

Le prêtre : La Bible a effectivement été écrite par des hommes, mais à partir d'une expérience qui implique une rencontre, une altérité, un dépassement de la solitude de fond que l'homme, même le plus aimé, le plus entouré, éprouve du fait de sa place dans l'univers. Nous ne sommes pas musulmans, dont la foi affirme que Dieu a dicté le texte même du Coran. Pour nous la Bible est un recueil d'expériences humaines de la présence d'un autre au coeur même de ce qu'il y a de plus humain : l'amour, la fraternité - parfois difficile -, la guerre, le succès, la défaite, la mort...

 

Elle : Oui, alors pourquoi parler de dieu ?

 

Le prêtre : Parce qu'être lucide sur ces expériences nous fait dire que l'homme n'y est pas tout seul. Quand un homme et une femme s'aiment profondément, ce n'est pas que le résultat de leur séduction réciproque, de leur bonne éducation, des concessions qu'ils ont pu se faire... Il y a au contraire un don, un émerveillement sur un au-delà de tout ce "faire" humain, nécessaire, mais en même temps bien incapable de "produire" l'amour.
Idem pour ce qui vient au coeur de parents lorsqu'ils mettent au monde un enfant.
Idem, dans cette paix paradoxale qui peut habiter le coeur de l'homme alors même qu'il est confronté au scandale du mal, au désespoir...

 

Elle : Je ne sais pas si j'ai bien tout compris : l'homme ne peut pas avoir de réelle émotion comme l'amour sans dieu ?

 

Le prêtre : Ce n'est pas ce que j'ai dit. Ce que je dis, c'est qu'en tout amour, même entre non croyants, il y a du sacré, de l'au-delà de l'humain, du don.

 

Elle : Ok, désolé, je cherchais juste à bien comprendre ce que tu disais. Donc : ce don, cet extraordinaire, c'est une émotion tellement forte qu'elle doit venir d'autre part que de l'homme ?

 

Le prêtre : Des non-croyants sont même capables de reconnaître ce don, cet extraordinaire que l'homme ne produit pas, mais sans y voir un donateur. Le fait qu'il y ait du merveilleux, de la profondeur, du mystère dans la vie humaine leur suffit. Pas à moi.

 

Elle : Ok moi j'explique ça par la féérie ! lol

 

Le prêtre : C'est ta manière de dire qu'il n'y a pas d'explication !

 

Elle : Plus ou moins.

 

Le prêtre : Mais il y a d'autres approches que celle du don ou de l'extraordinaire, pour évoquer... Dieu. Ce peut être aussi le contraire de l'extraordinaire : l'expérience de l'insatisfaction qui nous habite, nous êtres humains, le fait que rien ne puisse combler ce manque inscrit au coeur de l'homme, désir infini de bonheur, soif de reconnaissance, besoin insatiable d'amour... Soit on reste dans ce que la Bible appelle "idolâtrie" : l'illusion qu'une réalité de ce monde ait le pouvoir de combler ce manque ; soit c'est la course d'objet en objet qui nous distrait temporairement de ce manque ; soit c'est l'homme qui est bancal, et une forme de sagesse consiste à consentir à cet état de fait ; soit ce manque désigne une réalité certes manquante, mais existante, et la vocation de l'homme est de la rechercher, de la reconnaître et d'y communier. Je penche pour la dernière, la plus cohérente.

 

Elle : Ok, donc chacun la sienne : moi je me vois bien vivre parmi les fées !
bon je suis fatiguée je vais au lit, d'où le monde des rêves, idéal propre à chacun...

 

Le prêtre : Bonne nuit avec les fées !

 

Elle : Oui en ce moment, c'est plutôt des textes de français et des définitions de SVT ! lol

 

Le prêtre : Joie ! Content en tout cas de ce petit temps spi avec toi !

 
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Samedi 9 mai 2009
TémoignageUn petit test, préparé au départ pour des adolescents de l'AEP : choisir la réponse qui vous correspond le plus...

1)   On se moque de ta foi en te disant que Jésus-Christ est mort, point final. Comment réagis-tu ?

a.  Je sais qu'il est là avec moi, en particulier quand je prie.

b.  Je le vois à travers tous ceux que je rencontre.

c.  Ce n'est pas ce que j'ai appris au KT et à l'aumônerie.

d.  Ce n'est pas si important pour moi : ce qui compte, c'est l'exemple que Jésus a donné.

e.  Chacun pense ce qu'il veut.

 

2)   Qu'est-ce qui est le plus important pour toi ?

a.  Réussir sa vie professionnelle.

b.  Faire un mariage d'amour.

c.  Être riche.

d.  Développer mes talents.

e.  Contribuer à améliorer le monde.

 

3)   De quoi as-tu le plus besoin pour dire ta foi ?

a.  De m'ouvrir davantage aux autres.

b.  De mieux connaître l'Evangile.

c.  De l'aide des autres chrétiens.

d.  De laisser plus de place à Dieu, à l'Esprit Saint dans ma vie.

e.  D'être un peu plus convaincu.

 

4)   Que penses-tu de ceux qui acceptent de souffrir et même de mourir pour leur foi chrétienne ?

a.  Ils vont jusqu'au bout de leurs convictions.

b.  Ils sont fous ou fanatiques.

c.  Ils sont courageux.

d.  Ils sont un exemple pour les chrétiens.

e.  Ils imitent le Christ.

 

5)   Quelle est ton attitude face à un camarade / collègue qui s'intéresse à la foi chrétienne ?

a.  Tu l'invites au groupe de chrétiens auquel tu appartiens (aumônerie, mouvement, équipe...).

b.  La foi est une affaire personnelle. Je ne m'en mêle pas.

c.  Je suis admiratif.

d.  Je prie pour que Dieu l'éclaire.

e.  J'essaie de répondre à ses questions.

 

6)   A quoi le mot conversion te fait penser ?

a.  Quand un non-chrétien devient chrétien.

b.  Quand un chrétien se met vraiment à croire.

c.  Un grand changement de comportement à l'égard des autres.

d.  Une conviction nouvelle reçue au contact des autres

e.  Je n'en ai pas besoin puisque je suis chrétien.

 

7)   Pour toi, quel est le plus grand témoignage chrétien ?

a.  Aller jusqu'au bout de soi-même.

b.  Mettre tous ses talents au service des autres.

c.  Prendre une part active dans la vie de l'Eglise.

d.  Consacrer sa vie à Dieu.

e.  Passer le relais de la foi.

 


Pour l'évaluation des réponses, cliquer ICI.

Pour l'interprétation, cliquer ICI.

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Mercredi 15 avril 2009
Calligraphie de Georges Unal Voici quelques documents, en lien avec l'année Saint Paul, fêtée par le MEJ le 7 mars 2009 à Rodez. (cliquer sur les liens de téléchargement) :

- Saint Paul en 7 extraits de ses textes : diaporama 1 (avec cartes, commentaires et questions d'approfondissement), diaporama 2 (avec photos, réaction de jeunes et chant - cf. ci-dessous).

- Saint Paul en 12 extraits de ses textes : texte ou diaporama. Une version préparatoire à celle en 7 extraits.

- Le chant Paul, apôtre des nations : musique de Benoît Fremaux, paroles d'Emmanuel Quatrefages ; un chant composé pour le rassemblement du 7 mars.

- Des cartes des communautés à qui Saint Paul a écrit : Rome, Corinthe, Galatie, Ephèse, Philippes, Colosses, Thessalonique. P.S. avec la phrase "Rococo-Galéfi-Coltété-Timtimtit-Fié" on a un moyen mnémotechnique pour retenir l'ordre des épîtres de saint Paul (ROmains, COrinthiens 1, COrinthiens 2, GALates, EPHésiens, PHIlippiens, COLossiens, THEssaloniciens 1, THEssaloniciens 2, TIMothée 1, TIMothée 2, TITe, PHIlémon, HEbreux).

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Samedi 11 avril 2009
Diaporama du rassemblement Les 15-25 ans du diocèse de Rodez étaient invités à vivre un rassemblement diocèsain à Rodez (collège-lycée Saint Joseph), le samedi 4 avril, veille des Rameaux, sur le thème "Au risque d'y croire...", c'est-à-dire sur l'engagement chrétien.


Un blog ne peut traduire les échanges, les témoignages, les rencontres, mais aussi la célébration à la Cathédrale et le concert de Gospa. Tout cela a fait la richesse de ce rassemblement apprécié par tous les participants, mais aussi le fait que la préparation pilotée par le p.Jérôme Lemouzy ait été faite du début à la fin, en équipe inter-mouvements.


Le groupe des collégiens et lycéens "Chré'atifs" de Rodez (voir la page du groupe sur facebook) a préparé plusieurs ingrédients de cette rencontre. Les voici en téléchargement :

Tableau de répartition de n individus en groupes de p participants - Le diaporama du rassemblement le matin : chants, présentation des mouvements, enseignement sur deux formes d'engagement (le héros et le saint). Vous pouvez aussi l'obtenir en cliquant sur l'image ci-dessus.

- Le tableau de répartition aléatoire de n personnes en groupes de p participants. Vous pouvez aussi l'obtenir en cliquant sur l'image ci-contre.

- La Passion selon saint Marc : le montage (19'45  au format vidéo avi, avec 60 images issues de la Passion de Mel Gibson, traitées avec l'utilitaire befunky et la bande-son des voix des "Chré'atifs" et la musique de Camille Devillers et d'Arvö Part), un diaporama (sans son, ni textes de chants, au format exe, avancement par clic) et pour suivre le déroulement, le texte de la Passion à lire à plusieurs voix en lien avec les images du diaporama.

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