Mercredi 15 août 2007
Une vie pour les autres... L’expression semble aller de soi, surtout après vingt siècles de christianisme, après plus de trente siècles de judéo-christianisme… Une expression invitant à l’altruisme, à l’attention au prochain, à l’ouverture du cœur, à la générosité, au don de soi… Une expression qu’un humanisme même non chrétien assumerait, puisqu’il est capable d’expérimenter en dehors de la foi qu’« il y a plus de joie à donner qu’à recevoir » (Ac 20,35)

Dieu est amourEt pourtant l’expression : « une vie pour les autres » est d’une étrangeté radicale, non seulement parce que nous vérifions à quel point notre égocentrisme, notre égoïsme, la recherche de notre intérêt propre sont enracinés en nous, combien notre désintéressement est illusoire – l’amour le plus désintéressé nous intéresse – mais surtout quand on se réfère à ce que le Christ entend par amour et service du prochain. Après le geste du lavement des pieds, Jésus pose cette question à ces disciples : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? » justement parce que le geste ne va pas de soi. De fait, il faut reconnaître que nous ne le comprenons pas, que cela relève de la folie de Dieu plus sage que la sagesse des hommes. Folie pour le maître de se mettre à la place de l’esclave ; pour Dieu de s’identifier aux plus-petits ; pour sa toute-puissance de s’auto-limiter à l’impuissance de ceux qui ont faim, ont soif, sont nus, malades, étrangers ou en prison ; pour Dieu de mettre en équivalence le commandement de l’amour pour lui-même, Dieu – infiniment bon, infiniment aimable – et celui pour le prochain, non pas un autrui aimable dans l’abstrait, mais le prochain réel avec ses limites qui sont les mêmes que les miennes, avec la même finitude humaine que la mienne, et pour qui il n’y a donc pas plus de raison que je donne ma vie pour lui, que lui pour moi. A moins d’être sujet à l’illusion de croire en la supériorité de la valeur de l’autre, comme ce peut l’être dans la folie amoureuse.

La première clairvoyance consiste à admettre que nous ne savons pas aimer ou servir au sens où le Christ en donne le témoignage, qu’autrui ne nous intéresse pas vraiment, ou seulement jusqu’à un certain point, et surtout que l’abaissement du Christ par amour pour l’homme, le fait que le parfait se sacrifie pour l’imparfait, cela nous répugne. L’altruisme chrétien qui va jusque là n’est non pas simplement exigeant ou difficile, mais impossible.

Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimésPour la foi chrétienne, l’amour agapè, l’amour désintéressé pour autrui, qui l’accepte dans son originalité sans le juger – supérieur ou inférieur – sans chercher à le rapporter à soi, cette « charité » (caritas) est une vertu théologale, qui procède de la grâce de Dieu, où c’est de l’amour même de Dieu que l’on aime, où c’est de l’amour qu’il y a en Dieu que l’on aime : une participation par grâce à la vie trinitaire, à l’action de l’Esprit Saint, l’Amour personnifié. Une vie pour autrui, menée selon cet amour-là, n’est possible qu’en vertu de l’accueil préalable du don de l’Esprit Saint, d’une grâce, c’est-à-dire d’un cadeau immérité, qui donne au chrétien la joie de se reconnaître aimé inconditionnellement par Dieu, par delà mérites et péchés. La reconnaissance de ce don est première, appelant de la part de qui le reçoit l’exigence intérieure d’une libre réponse amour pour amour. Ce serait impossible (et ça l’est, parce que l’amour de Dieu pour l’homme dépasse infiniment l’amour de l’homme pour Dieu), si, se découvrant enfant bien-aimé du Père, le chrétien ne découvrait en même temps en Jésus-Christ la possibilité - invraisemblable si le Christ ne l’avait décidé ainsi –, qu’en aimant et servant son prochain, ce soit Dieu que l’on aime et serve.

Aimer à cause de Dieu, ou en vue de Dieu ne signifie pas que le prochain soit un moyen pour exercer l’amour même de Dieu, mais que c’est au niveau le plus profond de la présence de Dieu à l’intime de l’homme que s’établit la relation inter-humaine la plus vraie. Vivre pour les autres, consiste à inventer sa réponse personnelle à l’amour incompréhensible de Dieu pour moi, amour inconditionnel qui rend possible le don de moi-même. Répondre à sa vocation implique de tirer parti de ses talents et de ses limites, de la perception des manques et souffrances de ses frères, pour inventer cette réponse. Le cœur et les mains du croyant sont alors le prolongement de ceux du Christ pour exercer - et recevoir - l’amour de Dieu à l’égard des hommes.
par Raphaël Bui publié dans : Amour
Mercredi 20 juin 2007
Documents à téléchargerUne ligne dans le journal "La Croix" d'hier sur ce "blog", et les statistiques de fréquentation passent de 50 visiteurs par jour à 400. En fait, s'il se sert de l'excellent hébergeur over-blog, il ne s'agit pas d'un journal personnel, mais plutôt d'un site de présentation de documents écrits, d'articles rédigés ou d'images confectionnées, de sites web élaborés pour les besoins pastoraux...

Voici quelques liens sur des fichiers à télécharger :

- deux  liens vers des diaporamas Powerpoint réalisés récemment à l'intention de collégiens de 6èmes : le premier (3 Mo) à propos des deux derniers jours de la Création (Gn 1,26-2,4) ; le second (1,3 Mo), en forme d'apologue sur le travail pour lequel Dieu veut embaucher l'homme...

- (à suivre...)
par Raphaël Bui publié dans : Autres
Vendredi 15 juin 2007
p.Joseph SySi une ordination sacerdotale en Aveyron est un événement trop rare, celle d’un prêtre vietnamien en la Cathédrale de Rodez, pour le diocèse de Hanoï, est exceptionnelle. Dimanche 10 juin 2007, en recevant le sacrement de l’ordre presbytéral de Mgr Bellino Ghirard notre évêque, Joseph Sy nous a donné l’occasion d’un grand moment d’Eglise, un moment de catholicité, où l’universalité de l’Eglise s’exprimait par la diversité des fidèles présents venus de Millau, Espalion, Decazeville, Rodez, de tout le diocèse même, avec la présence du chœur diocésain… mais aussi, de Midi-Pyrénées, et même du Vietnam, puisque les parents et les amis de Joseph avaient fait le déplacement exprès. Ce dimanche fut universel, par le répertoire musical proposé à nos oreilles occidentales, par le repas de fête qui a suivi au foyer saint Pierre, par la diversité des couleurs et des costumes de fête, la « lourde » chasuble de Joseph, décorée à la vietnamienne n’étant pas en reste. Catholique aussi, ce dimanche le fut par le rappel de toute cette chaîne de saints qui ont fait l’Eglise aujourd’hui, dans une longue litanie des saints récitée au moment où Joseph priait allongé de tout son long, embrassant le sol de cette terre aveyronnaise qui l’accueille le temps de sa formation et pour quelques années encore d’études et de service pastoral à la paroisse St Eloi du Bassin. Assistaient à cette ordination des enfants et des jeunes, en particulier des scouts de France, qu’accompagne Joseph. La plus grande partie du presbyterium était présente. Un prêtre âgé a pu exprimer sa joie de voir la relève.
par Raphaël Bui publié dans : Foi
Mardi 29 mai 2007
Voici la vidéo (en version compressée) sur la Journée du Pardon organisée à la Cathédrale de Rodez par la paroisse Notre-Dame de l'Assomption, le samedi 17 mars dernier. Avec d'autres réalités ecclésiales, cette initiative a été présentée dimanche matin à l'Amphithéâtre, à l'occasion de la fête diocésaine de Pentecôte que nous venons de vivre.

par Raphaël Bui publié dans : Foi

Kézako ?

TEXtes et images de la part d'un prêtre, faisant partie de ceux qui vonT A LA messe...

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