Jeudi 9 juin 2005
 

Voici le texte accompagnant un montage diapo - initialement sous Power Point - à partir d'une cinquantaine de photos de la Cathédrale de Rodez.

Ces photos ont été prises par le p.Amédée Besset, Edouard Thubières, Louis Causse (Architecte des Bâtiments de France), Dominique Maisonabe, Jean-Marc Molinier et d'autres photographes ruthénois.

Le montage a été projeté à 180 collégiens de 4ème-3ème de l'enseignement catholique (Villefranche de Rouergue, Rignac, Montbazens, Rodez (Saint Joseph-Ste Geneviève), à l'occasion d'un rassemblement ce jeudi 9 juin 2005, en la Cathédrale de Rodez sur le thème de la vocation : "Sur toi, je bâtirai mon Eglise".

Le texte a été rédigé d’après deux textes, l'un de Mgr Roger Bourrat, l'ancien évêque de Rodez (une introduction de la messe de l’Ascension 1990, avec les Compagnons du Devoir) et l'autre du Service National des Vocations (veillée JMJ 1997 devant la Cathédrale Notre-Dame de Paris).

Vous pouvez vous faire une idée du montage diapo à partir d'une version compressée des photos - dans le bon ordre - disponible dans l'album photo ci-contre ("Où sera ta pierre?") ou en cliquant ICI

 

Chevet de la Cathédrale de Rodez (photo Amédée Besset)Les pierres de notre Cathédrale doivent se réjouir de vous voir rassemblés ici.

Elles qui sont immobiles et silencieuses, ces pierres vous envient de pouvoir bouger, parler, chanter, danser, de vivre tout simplement. Elles qui ne bougent pas et qui ne parlent pas, ces pierres veulent pourtant vous dire la foi de ceux qui les ont taillées, sculptées, ornées, la foi des bâtisseurs de cette Cathédrale, une foi bâtie sur le Christ, Parole vivante de Dieu.

Si elles pouvaient parler, ces pierres, qu’elles soient ciselées ou ordinaires, clé de voûte ou statues, elles nous diraient : « Nous ne sommes ni Chartres, ni Notre-Dame de Paris, mais notre clocher dans sa dentelle de pierres n’a pas beaucoup de rivaux. »

Humblement, ces pierres nous diraient leur reconnaissance à l’égard des bâtisseurs qui leur ont attribué leur bonne place, pour tenir chacune leur rôle précieux, leur vocation unique dans cette Cathédrale.

 

Nef et chaire (photo Dominique Maisonabe)Fièrement, elles nous diraient leur satisfaction de traverser les siècles, de défier le temps, de vaincre la pesanteur, de relier le temps et l’éternité, le ciel et la terre au sommet de cette cité.

 

Joyeusement, elles laisseraient résonner la voix puissante de l’orgue, la prière du peuple de Dieu, le chant de l’Eglise pour son Seigneur ; elles rayonneraient de laisser la lumière et l’ombre jouer de leurs reliefs.

 

Fidèlement, elles nous feraient la promesse de toujours offrir un abri au Corps du Christ, à son peuple et au trésor de l’Eucharistie ; la promesse de nous accompagner de notre naissance à notre entrée dans la vie éternelle, d’être l’écrin de nos alliances avec Dieu et entre nous.

 

Où sera ta pierre ? (photo Amédée Besset)Encourageantes, elles nous confirmeraient à quel point nous sommes chacun, chacune, pierre vivante de l’Eglise ; à quel point nous pouvons vivre la fidélité et la solidité de l’amour de Dieu.

 

Interrogatives, elles demanderaient à chacun d’entre nous, à chacune des pierres vivantes de l’Eglise : sera ta pierre ? Où prendra-t-elle place ?
 

Mariage sera ta pierre ?
Seras-tu mari ou femme, allié pour l’éternité par le sacrement de l’amour ?
Serez-vous témoins de l’Evangile à travers toutes les réalités humaines, à la suite du Christ qui aime sans trahir ?

 

Vie religieuse sera ta pierre ?
Seras-tu moine ou moniale, veilleur pour le monde, témoin silencieux revêtu de la Présence du Père ?
Seras-tu consacré, vivant en frères et sœurs de l’Evangile, choisissant de tout donner et de te donner toi-même à la suite du Christ ?


 

Coopérants avec la DCCOù sera ta pierre ?
Seras-tu missionnaire, voyageur de Dieu, dévoilant le Seigneur à ceux qui l’attendent ?
Seras-tu missionnaire de la tendresse du Père, portant inlassablement l’Evangile du Christ à toutes les nations ?

 

PrêtreOù sera ta pierre ?
Seras-tu prêtre du Christ, annonçant sa Parole pour que grandisse la foi de ses serviteurs ?
Seras-tu prêtre du Christ, célébrant l’Eucharistie, l’amour et le pardon qu’il nous offre ?
Seras-tu prêtre du Christ, pasteur de son peuple, consolateur et bâtisseur ?


Vierge du maître-autel (photo Amédée Besset) sera ta pierre ?


N’aie pas peur, tu es une pierre unique. Ta vie est un mystère d’amour, un lieu sacré. Accepte de porter l’appel que Dieu dépose en toi comme un feu.

Ne reste pas seul. Une pierre ne trouve sa place qu’entre d’autres pierres.

 

par Bui publié dans : Foi
Mercredi 8 juin 2005

Calice et patèneUn texte écrit en vue d'une discussion avec des collégiens de 6e-5e, dans le cadre de la préparation de leur profession de foi. Je m'aperçois en le relisant qu'il y manque l'essentiel : le don que le Christ y fait de sa propre vie.

Objections et éléments de réponse

La messe, ce n’est pas fait pour les jeunes.
La messe continue de rassembler des jeunes : bientôt 500.000 jeunes aux JMJ cet été à Cologne, 15.000 jocistes au Palais omnisport de Paris-Bercy le 3 mai 2003 ; 2 millions à Rome en août 2000 ; 1,2 million à Paris en août 1997 à Paris. Plus modestement, des célébrations pour les jeunes ont lieu régulièrement en AEP, en paroisse, à Rodez ou en diocèse.

Je ne suis pas assez croyant pour être pratiquant.
C’est plutôt parce que je ne suis pas assez croyant, et que ma foi est fragile, que j’ai besoin d’aller la nourrir en venant régulièrement à la messe.

Je ne connais pas les prières : la Bible ne me parle pas.
Tout s’apprend ! Le langage informatique pour parler aux ordinateurs, le langage amoureux pour parler à celui ou celle que l’on aime, de même le langage de la prière et de la Bible pour parler à Dieu (et surtout l’écouter !).

Je ne connais pas les gens qui y vont, ou il y a là des gens que je n’aime pas.
De même que nous n’avons pas choisi nos frères et sœurs, de même dans l’Eglise, nous nous accueillons les uns les autres, jeunes ou vieux, connus ou inconnus, comme des frères en Jésus-Christ, enfants de Dieu notre Père.

Je ne comprends pas ce que dit le prêtre.
C’est important de comprendre et il ne faut pas hésiter à demander des explications. Cependant, comme dans une relation d’amitié, on ne peut jamais prétendre avoir tout compris de son ami(e), de même, on n’a jamais fini de comprendre ce qu’est la messe.

Ceux qui vont à la messe ne sont pas meilleurs que les autres.
Aller à la messe pour réentendre à quel point Dieu nous aime, cela finit par nous rendre plus fraternels. Et on n’a pas entendu dire que ne pas aller à la messe rende meilleur !

Le dimanche, je préfère faire la grasse matinée.
Les plus belles marques d’amitié consistent à rester fidèle, même lorsqu’on n’en a pas envie (par exemple, rendre régulièrement visite à un ami à l’hôpital, préférer rester avec lui plutôt que de s’amuser ailleurs…). C’est pareil pour la messe : y être présent, même à contre-cœur est une belle marque de foi (le mot "foi" signifie aussi fidélité).

Mes parents n’y vont jamais.
Croire au Dieu de Jésus-Christ est un acte libre. Pour tout croyant il arrive un moment où il a à choisir personnellement de donner sa foi au Christ, et non plus parce que ses parents ou ses camarades croient, ou ne croient pas.

Je n’en ai pas envie.
Aller à la messe, c’est répondre à une invitation du Seigneur : qu’est-ce qui pourrait être plus important que cela ?

La messe n’est pas importante pour moi.
Toi, tu es important pour Dieu et pour la communauté des chrétiens.

A quoi ça sert que j’y sois ?
Ça ne sert à rien, mais ça change tout. A la messe je suis envoyé. C’est toute ma personne qui est attendue, et c’est Dieu lui même qui compte sur moi, pour faire avancer les choses. Certes je n’ai pas la garantie du résultat, mais ma vie en devient mission et prend du sens.

par Bui publié dans : Foi
Mercredi 8 juin 2005

Un texte que j'ai retrouvé dans un vieux poly d'écrits du p. P.Monier s.j., évoqué à l'occasion d'obsèques récentes... RB

 
Un curé de l’Est m’a joué un tour, alors que je passais dans sa paroisse. Il m’a emmené sans me prévenir vers un groupe de religieuses à qui il avait annoncé ma visite, pour que je leur parle, naturellement. Dans la salle, en avant se trouvait une vieille sœur qui avait l’air malheureuse, tendue, tendue.

« Vous savez, mes Sœurs, je ne savais pas que je voulais vous parler. Je n’ai pas pu demander au Bon Dieu de me donner le courage de vous parler, tellement ce m’est pénible… »

Elles me regardent, étonnées…
« …parce que j’ai l’impression que vous êtes à peu près toutes en état de péché mortel… »

La bonne vieille, déjà tendue, se disait : « Qu’est-ce qu’il va nous dire ? »

« …en état de péché mortel le plus dégoûtant qu’on puisse imaginer… »

Elles se demandaient un peu si j’étais fou !
« …celui qui m’énerve le plus et me dégoûte le plus… »

Les jeunes se disaient : « Attendons toujours » et se mettaient à rire derrière les bonnes anciennes qui ne riaient pas.

« …Ah ! le voici, le péché dégoûtant : (je regarde la vieille) Vous avez travaillé peut-être quarante, soixante ans au service de Jésus-Christ, autant que je puisse deviner, en allant soigner les malades à domicile, en faisant l’école, etc… Vous ne vous êtes pas fait payer, juste de quoi vous nourrir et vous habiller. Ce n’était pas très intéressant. Dès qu’on voyait que ça vous plaisait, on vous mettait ailleurs. Savez-vous comment cela s’appelle : c’est la charité pure, aussi pure que possible. Quand on a travaillé au service du Christ en travaillant au service des autres, et quand on se pose encore la question de savoir si le patron ne va pas vous damner pendant toute l’éternité, après tout le travail qu’on a fait à son service, avouez que c’est dégoûtant ! A sa place, je vous regarderais et vous dirais : "Vous me faites honte, qu’ayant été à mon service pendant toute votre vie, vous pensez que je puisse encore vous menacer de vous torturer pendant toute l’éternité ?" Avouez que c’est un grand péché ! »

Quand j’ai vu que cela commençait à émotionner la vieille sœur, j’ai parlé pour les autres :

« La question de notre éternité ne se pose pas quand nous nous sommes occupés des gens, des malheureux. Jésus-Christ a dit : "Si vous vous aimez les uns les autres, ne vous inquiétez pas…" "Père, là où je serai, je ne veux pas être sans eux ; s’ils ne sont pas là, je ne veux pas y être." Saint Paul dira plus tard : "Ne voyez-vous pas que nous sommes déjà assis avec le Christ à la droite du Père ?" C’est pour cela que, dans votre vie, prenez bien tout ce qui vous met au service des autres, vous n’avez plus à vous occuper de vous, laissez-lui ce souci-là… »

 

par Bui publié dans : Foi
Mercredi 1 juin 2005

A signaler : la recension d'un livre de Georges Weigel intitulé Le cube et la cathédrale, L'Europe, l'Amérique ou la politique avec ou sans Dieu, aux Editions de la Table ronde, avril 2005. J'ai apprécié la question taboue qu'il pose : une civilisation qui prétend se fonder sur les droits de l'homme peut-elle se donner pour culte l'ignorance de Dieu ?

Georges Weigel, universitaire américain, a été un proche de Jean-Paul II et l'auteur d'une de ses plus complètes biographies (Jean-Paul II, Témoin de l'espérance, Jean-Claude Lattès, 1999) qui a servi de trame à la biographie filmée et diffusée en DVD par Le Figaro.

Kézako ?

TEXtes et images de la part d'un prêtre, faisant partie de ceux qui vonT A LA messe...

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