Samedi 15 décembre 2007

Un dialogue - entre Mathilde et Chryslaine - pour la célébration de l'Avent des 6èmes de l'AEP le 14/12/07 à Rodez, à partir du beau film d'animation : Il était une fois Jésus (2000) avec l'aide d'un diaporama (Powerpoint de 5,7 Mo : clic droit sur le lien puis, "enregistrer la cible sous...")

Jésus dans la barque de Pierre- Bonjour Madame, nous sommes des 6èmes de l’aumônerie de l’enseignement public, et nous faisons une petite enquête sur Noël. Est-ce que vous accepteriez de répondre à quelques questions ?
- Oui, bien sûr.
- Qu’est-ce que Noël représente pour vous ?
- Oh là, là, c’est une question difficile que tu poses !
- Ah, bon ! Vous ne savez pas ce que vous allez faire à Noël ?
- Si, bien sûr, je le sais… Je sais ce que l’on fait d’habitude à Noël : le repas, le sapin, les guirlandes, les cadeaux, et même la crèche… mais ce n’est pas en disant ce que l’on fait à Noël que l’on répond à ta question sur Noël.
- Et alors, qu’est-ce qu’il vous faut pour répondre à ma question ?
- Eh bien, plutôt que de répondre par ce que nous, nous faisons à Noël, il faudrait se poser la question sur ce que Lui, Dieu, fait à Noël. Ce que nous faisons à Noël et même pourquoi nous le faisons, c’est à notre portée. Dire ce que Dieu fait à Noël et pourquoi il le fait, c’est énorme !
- …énorme ? Noël, c’est pourtant bien la naissance de Jésus ?
- Oui, mais justement, c’est grandiose ça, que Dieu se fasse petit enfant, que le Créateur de l’univers, de la terre et du ciel, le Dieu tout puissant se fasse petit bébé, qu’il naisse comme toi et moi … Je ne suis pas sûre que l’on mesure ce que Noël représente du côté de Dieu.
- Je ne l’avais pas vu comme ça !
- En fait, c’est étonnant que Dieu choisisse de se faire homme, qu’il se fasse l’un de nous, qu’il se plaise avec nous, et qu’en la personne de Jésus il se révèle lui-même. Au fait, tu as déjà entendu parler de Jésus ?
- Oui, au catéchisme, avant le collège. Et puis nous avons vu il y a quelques semaines un film, un dessin animé, sur Jésus : ça s’appelait… « Il était une fois Jésus ».
- Je connais ce dessin animé. C’est un très beau film, mais avec un drôle de titre !
- Pourquoi ? A cause du « Il était une fois » ?
- Oui, parce que ça ressemble au début d’un conte, alors que l’histoire de Jésus, ce n’est pas un conte ! Jésus a vraiment existé, et les Evangiles parlent bien d’un homme réel !
- Oui, mais « Il était une foi », ça pourrait aussi s’écrire « une foi » – sans s – plutôt qu’avec un s !
- Tu es maline ! Ok si c’est une foi sans s.
- Oui, mais même avec un s : « il était une fois », ça a aussi du sens, d’après ce que vous m’avez dit.
- Ah oui ?
- Oui, on peut dire « une fois » parce que Dieu qui vient en Jésus, c’est quelque chose d’unique.
- C’est vrai. Mais nous célébrons Noël chaque année et nous célébrons la messe chaque dimanche, pour dire que Dieu vient aussi à nous chaque année, chaque semaine, chaque jour, et même à chaque instant. C’est pour cela que l’Evangile nous parle à la fois de Jésus avec ses disciples, mais aussi de Lui avec nous aujourd’hui.
- Ah oui, je me rappelle qu’avec mon équipe d’aumônerie, nous avons découvert ça.
- Les paroles et les gestes de Jésus, continuent sans cesse, à travers toute parole et tout geste d’amour, de pardon et de partage. C’est Dieu qui continue d’agir à travers chacun de ses enfants. C’est pour cela que l’on fête Noël chaque année, et que l’on attend la naissance de Jésus comme si c’était nouveau chaque année !
- On attend qu’il revienne parmi nous ?
- Oui, Dieu attend aussi que nous le laissions naître en nous, en toi, en moi. Ainsi les paroles et les gestes d’amour, de pardon et de partage de Jésus, mais aussi sa prière, deviennent les nôtres, les tiens, les miens.
- Et c’est chaque année la même chose ?
- Oui, parce que Dieu ne se lasse pas de recommencer à s’inviter chez nous, chez toi, chez moi.
- Il n’a pas peur qu’on ne l’attende pas, qu’on le rejette, et qu’à Noël on ne s’occupe que de nous, des cadeaux, du repas, du sapin, des guirlandes ?

- C’est le risque que Dieu prend. Mais les cadeaux, le repas, le sapin, et même les guirlandes, ça peut avoir du sens, si l’on s’en sert pour accueillir de notre mieux la venue de Dieu qui se fait homme. S’il continue d’y avoir des personnes, hommes ou femmes, enfants ou adultes, malades ou bien portants, qui offrent à Dieu le temps de la prière, de l’écoute de sa Parole, de la messe ; s’il continue d’y avoir des personnes de tous âges qui se laissent inspirer par les gestes et les paroles de Jésus : eh bien, Noël continuera d’être Noël : la venue de Dieu dans ce monde.
- Alors Dieu continue de s’intéresser à l’homme. Et ce que l’on pense de lui continue de l’intéresser.
- Eh bien, écoute donc ce que dit l’Evangile à ce sujet…

par Raphaël Bui publié dans : Foi
Samedi 1 décembre 2007

pasteur Olivier Pigeaud (réformé), p.André Borrely (orthodoxe), p.Philippe Molac (catholique)Un post pour mettre à disposition les notes que j'ai prises à la session régionale d'oecuménisme d'Albi (30/11/2007) avec trois intervenants sur le thème : "L'Eglise, une pierre d'achoppement ?" : le pasteur Olivier Pigeaud (réformé), le p. André Borrely (orthodoxe) et le p.Philippe Molac (catholique). Ces notes n'engagent pas les conférenciers.

Le thème était choisi en rapport avec la publication par la Congrégation pour Doctrine de la Foi le 29 juin 2007 de "réponses à des questions concernant certains aspects de la doctrine de l'Eglise".

par Raphaël Bui publié dans : Foi
Mardi 25 septembre 2007

Texte National pour l'Orientation de la Catéchèse en FranceVous trouverez téléchargeables ICI 8 pages de notes prises à la journée organisée par le Centre Diocésain de la Catéchèse et du Catéchuménat, aujourd'hui à Rodez, avec la présentation par le p. Jean-Claude Reichert du Texte National pour l'Orientation de la Catéchèse en France (2006). Ces notes n'engagent pas le conférencier.

Quelques extraits...

Deux grandes lignes :

1ère intuition : Il ne peut y avoir de catéchèse sans une communauté vivant de la foi, se nourrissant de la Parole de Dieu et des sacrements, se souciant de la place des petits, participant à la vie de la cité, vivant de l’amour de Dieu, du pardon… Cette communauté forme « un milieu nourricier où s’enracine l’expérience de la foi » (p.31). Quand cela est présent… une expérience est possible. Il ne s’agit pas seulement de dire que toute l’Eglise doit être impliquée dans la catéchèse. Il s’agit de dire que la catéchèse implique la mise en contact avec un terreau, et non pas seulement une activité spécialisée confiée à quelques uns… La raison en vient de loin : l’Eglise existe pour évangéliser, pour porter l’Evangile. (Paul VI) Et non, l’Eglise doit développer des actions d’évangélisation. En fait, si elle n’évangélise pas, elle n’existe plus. Toute personne dans l’Eglise, tout lieu, toute mission n’existe que par la vocation de l’Eglise : porter l’Evangile. L’Eglise, par toute sa vie porte l’Evangile, et pas seulement dans les activités dites d’ « annonce de la foi ». En célébrant les sacrements… en vivant évangéliquement… en portant son attention aux petits… Quand on voit l’Eglise faire attention aux petits, on voit l’Eglise porter l’Evangile. Le texte d’orientation ne fait que dire la vocation de toute l’Eglise, chacun ayant sa manière à porter l’Evangile. En liturgie, on n’explique pas, on ne fait pas de leçon, on se laisse porter ailleurs… En catéchèse, on explique, on parle.

Dans la suite d’« Aller au cœur de la foi », il s’agit d’un encouragement non pas à organiser l’entreprise catéchèse, mais à sensibiliser progressivement les communautés chrétiennes à leur vie profonde.

2ème intuition : Pour caractériser maintenant le travail de la catéchèse, nous faisons le choix de la pédagogie d’initiation. Kézako ? Il y a autant de définitions du mot initiation ! Dans la « pédagogie d’initiation » en catéchèse, celui qui initie, c’est le Christ, ce n’est pas nous. Notre tâche est de réunir toutes les conditions pour que cela soit possible, à l’instar de ce qui se passe en catéchuménat. Pour aujourd’hui, nous devons reprendre conscience que le 1er sujet actif, c’est le Christ lui-même au cœur des hommes.

Nous venons d’une période où nous pensions la catéchèse à partir de l’institution : que faut-il que je leur apprenne ? que dois-je leur dire ? On commençait à se fixer à nous-mêmes un objectif pédagogique, partant de nous, puis on se donnait les moyens pour que cela soit reçu. Le travail consistant à trouver les moyens pour que le message soit reçu. Ce modèle ne fonctionne plus. Un professeur des écoles ne peut plus fonctionner comme cela.

La catéchèse vise à la rencontre avec le Christ qui lui-même travaille au cœur des hommes, en imaginant des itinéraires au fil desquels ils pourront rencontrer cette initiative du Christ. Avoir constamment le souci que chez eux, là-bas, il se passe quelque chose, une aventure spirituelle, un cheminement dont nous ne pouvons être propriétaires. Cela ne signifie pas pour autant « laisser faire ». Mais proposer des itinéraires…

Quatre composantes de l’offre catéchétique :

Ces deux intuitions, les évêques souhaitent les faire vivre dans 4 types d’offres, qui doivent donc s’enraciner dans le milieu nourricier d’une communauté chrétienne, en mettant en œuvre une pédagogie d’initiation :

(1) Des itinéraires de type catéchuménal qui conduisent aux sacrements.
(2) Des temps intergénérationnels ou communautaires dans le cadre du rassemblement dominical au fil de l'année liturgique.
(3) Un appel à développer une 1ère annonce dans les lieux et regroupements de vie comme la famille, l'enseignement catholique, les mouvements et aumôneries.
(4) Une organisation qui permet aux personnes d'entrer dans une proposition de catéchèse ordonnée à toute étape de la vie.

 

par Raphaël Bui publié dans : Foi
Mercredi 5 septembre 2007
Voici quelques réflexions provisoires sur le motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI, qui suscite bien des prises de positions...

Célébrer(1) Tout d'abord, il s'agit d'une affaire de posture à l'égard du Magistère de l'Eglise : même si la position du Magistère dérange, et surtout si celle-ci dérange, il s'agit de réfléchir à partir d'elle pour s'élever plus haut, mais dans la direction qu'elle indique, plutôt que contre elle. C'est affaire de "sauver la proposition de l'autre", en particulier quand cet autre s'appelle Joseph Ratzinger, théologien profond (cf. La foi chrétienne, hier et aujourd'hui) et fin liturge (cf. l'Esprit de la liturgie), mais surtout avec cette foi typiquement catholique dans l'assistance particulière de l'Esprit Saint donnée au pape chargé du gouvernement de l'Eglise. Dans un devoir de séminaire, je m'y étais exercé sur le sujet de la non communion des divorcés-remariés, un sujet de désaccord fréquent avec le Magistère, à partir justement d'un texte écrit par le cardinal Ratzinger.

(2) Il y a certes des excités intégristes qui refusent le concile de Vatican II dans ses ouvertures les plus profondes : compréhension de l'Eglise comme peuple de Dieu, corps du Christ, temple de l'Esprit, et non premièrement comme institution hiérarchisée ; place de l'Eglise dans le monde comme sacrement de salut plutôt que Royaume réalisé ou société parfaite ; oecuménisme, liberté religieuse et droits de l'homme ; dialogue interreligieux ; rapport entre Ecriture et tradition... Mais cela n'autorise pas à faire un procès d'intention à ceux qui, traditionnalistes, demandent la messe "dos au peuple", et qui ne partagent pas forcément les idées intégristes. Certains diront à juste titre qu'une manière de célébrer induit, ou sous-tend une manière de penser et de croire : Lex orandi, lex credendi. Eh bien, en quoi la messe de rite ancien est-elle théologiquement contraire à la foi de l'Eglise, et à l'esprit du concile de Vatican II ? Dira-t-on alors que les générations de saints qui s'en sont nourris, ont été leurré par une messe "fausse" ? Avec un peu de provocation, on pourrait même affirmer qu'en faisant abstraction de quelques points effectivement réformables (latin, distance du prêtre par rapport à l'assemblée, passivité des fidèles...), la position du prêtre dans ce rite, dite péjorativement "dos au peuple", où le prêtre est en fait tourné avec le peuple dans la même direction, est davantage conforme à l'ecclesiologie de Vatican II, où le prêtre, certes avec un rôle différentié pour signifier un des modes de présence du Christ, est d'abord là en tant que membre du peuple de Dieu. C'est d'ailleurs le cas à la basilique souterraine de Lourdes, ou dans des églises contemporaines, où l'assemblée est placée à l'extérieur d'un U ou d'un O, et l'autel au centre : tous regardent non pas le prêtre, mais plus haut que lui. Il n'est alors pas gênant, au contraire, que certains soient derrière lui, d'autres devant ou à côté... Dans la liturgie rénovée, le prêtre exclusivement en vis à vis de l'assemblée, pourrait faire figure de pur alter Christus - et cela correspond davantage à la vision du concile de Trente -, avec en plus le risque de sé-duction, de cabotinage... Ces propos sont bien sûr exagérés, car comme l'indique le motu proprio, les deux formes du rite, ancien et nouveau, "ces deux expressions de la « lex orandi » de l’Église n’induisent aucune division de la « lex credendi » de l’Église" (Art.1)

(3) Il y a (eu) aussi d'autres excités, qu'on serait indulgent d'appeler des intégristes-de-Vatican-II, de par une interprétation du concile de Vatican II qui fait fi non seulement de la lettre mais de l'esprit des textes conciliaires, aboutissant à des pratiques liturgiques aplatissant le mystère de la messe. Par exemple, la participation active (en fait "actuosa", i.e. "en acte") demandée par Sacrosanctum concilium ne coïncide pas forcément avec le fait de faire chanter, parler, bouger, gestuer le plus de monde... Je participe aussi à cet aplatissement qui peut fait perdre le sens du mystère de l'Eucharistie, qui peut empêcher les fidèles d'y voir la présence réelle du Christ s'invitant parmi les hommes, en m'autorisant à faire de la liturgie une affaire de créativité ecclésiale, de spectacle, alors que c'est d'abord l'Eucharistie - reçue du Christ, transmise par l'Eglise - qui constitue cette dernière, et non pas premièrement l'Eglise qui fait l'Eucharistie. C'est ce que Benoît XVI rappelle dans Ecclesia de Eucharistia.

(4) A l'égard du latin, qui n'est pas de mon goût parce qu'il empêche d'accueillir le mystère eucharistique avec toute notre intelligence, je ne suis malgré tout pas convaincu par le motif invoqué que le latin doit être banni parce qu'il serait incompréhensible ou irrecevable par le monde actuel, car la compréhension d'un sacrement est d'ordre symbolique et non premièrement intellectuelle. On n'a pas à expliquer un symbole, mais à se laisser entraîner ailleurs par lui. C'est ce qui se passe par exemple à Taizé, ce lieu profondément oecuménique, le contraire d'un lieu intégriste, où une ambiance, des chants ruminés (parfois en latin) induisent une entrée en intériorité... L'argument sur l'irrecevabilité du latin méconnaît aussi le caractère profondément irrecevable de l'Eucharistie, son extériorité à notre égard, le fait qu'il nous faut une parole autre pour nous la rendre accessible : "Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri". Le concile de Vatican II n'a d'ailleurs pas invité à supprimer le latin, reconnaissant par exemple comme "chant propre de la liturgie romaine" le chant grégorien qui "toutes choses égales par ailleurs, doit occuper la première place" (SC n°116) !

(5) Comment parler d'ouverture au monde, de dialogue, de respect de la différence, d'accueil de l'autre, quand on n'est pas capable de le vivre entre catholiques, quand la position de cet autre-catholique qu'est le traditionnaliste est suspectée d'intégrisme, d'idéologie dangereuse et qu'on n'est plus capable d'entendre ce qu'il a à dire, que l'on rejette a priori tout ce qui pourrait venir de lui, y compris de légitime. C'est plutôt dans cette fermeture là qu'il faut parler d'idéologie... La remarque s'applique évidemment aux "durs" de tous bords.

(6) Je ne vois donc pas pourquoi contester la position du Magistère, et refuse par principe de le faire. Je vois cependant des difficultés pratiques à mettre en oeuvre le motu proprio en France. En effet, celui-ci s'applique soit aux "messes célébrées sans peuple" (Art.2) auxquelles cependant peuvent "être admis, en observant les règles du droit, des fidèles qui le demandent spontanément" (Art.4), soit "dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure." (Art. 5.1). Or, il n'est pas prouvé qu'il existe en Aveyron, au niveau d'une paroisse - et non pas seulement au niveau du diocèse - un tel "groupe stable" suffisamment conséquent pour qu'une messe soit célébrée spécialement avec eux. Surtout dans le contexte français, et tout particulièrement celui d'un diocèse rural, où la dispersion des fidèles conduit à les rassembler en des assemblées plus significatives - et donc à supprimer des messes dans des lieux peu fréquentés. L'application du motu proprio semble donc concerner davantage les grandes villes. En ce qui me concerne, en tout cas, je ne sais pas célébrer dans le rite ancien, et n'y ai pas de goût particulier, mais comprendrais mal qu'un prêtre qui pourrait rendre ce service à une communauté suffisamment conséquente ne le fasse pas par refus de principe à l'égard de la position du pape.
par Raphaël Bui publié dans : Foi

Kézako ?

TEXtes et images de la part d'un prêtre, faisant partie de ceux qui vonT A LA messe...

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