Mardi 18 avril 2006

En lien avec la journée mondiale de prière pour les vocations, voici une conversation (fictive) rédigée à partir de (vraies) questions posées sur msn messenger (doté de l'indispensable add-on msgplus) et poursuivie dans le fil des commentaires. Pour les collégiens, voir aussi ici.


RésurrectionPAUL - Mon Père, éclairez moi… J'ai une question à vous poser....

JEAN - ...

PAUL - Que vais-je devenir ?

JEAN - ???

PAUL - Je ne sais pas ce que je veux faire... et il faut que je prenne une décision...

JEAN - Le choix t'appartient, et si ta décision est prise dans un climat de liberté et de confiance, ta volonté sera celle de Dieu. Deux questions peuvent alors t’éclairer pour discerner si une voie te convient, parmi les multiples qui te conviendraient aussi : (1) y seras-tu heureux ? (2) y feras-tu du bien ?

PAUL - Comment puis-je le savoir ?

JEAN - Répondre à ces deux questions passe par la connaissance que tu acquiers de toi-même à travers [a] les expériences que tu as pu faire, en particulier dans le même registre que celui de la voie que tu choisis - t'être occupé de telle personne âgée de ton entourage, s'il s'agit de discerner une voie dans le médical, avoir fait du soutien scolaire, s'il s'agit d'une voie dans l'éducatif etc... - [b] le retour que t'en donnent ceux qui t'entourent, et qui te connaissent souvent mieux que toi-même... Quel bonheur, quel bien reçus ou donnés... ?

PAUL - Est-ce qu'un voyage, une mission auprès des plus pauvres aiderait au discernement ?

JEAN - Un voyage vaut encore plus le coup s’il est sous-tendu par un projet déjà vérifié à petite échelle, plutôt que pour évaluer l'intérêt d'une voie à partir de rien. Le fait de partir, le dépaysement apporte un plus, certes, en obligeant à aller au bout de soi-même, en révélant des talents peut-être ignorés, mais il ne peut en lui-même indiquer ce qui pourrait être ta vocation et qui aura à se vivre dans la vie ordinaire. Aussi, il y a déjà un premier discernement à faire sur ce qui t'anime, à partir de ce que tu vis déjà ordinairement, et dont une mission, un voyage, une année de service exceptionnel servira à vérifier la profondeur. La vie des saints est assez éclairante à ce sujet. Des saints comme Ignace de Loyola, Charles de Foucauld ont souvent cherché leur voie dans l'héroïsme ou dans une voie extraordinaire. Et ils y ont renoncé, pour revenir à l'ordinaire et y devenir saints... Alors entre partir dans une mission lointaine auprès des plus pauvres, et rester auprès des siens, le choix n'est pas simple : il n'y a pas de réponse absolue, qui ferait dire que partir est bon - ou à l'inverse que rester est bon. C'est à toi de le vérifier, en envisageant sereinement chaque option, et en mesurant intérieurement celle qui t'apporte le plus de paix et de joie. Une précision cependant : il n'y a pas à opposer la recherche du bonheur, de ton bonheur, et la réalisation du plus grand bien, parce que les deux se confondent. Mais il arrive que l'on prenne pour un bien supérieur ce qui n'en a que l'apparence, parce qu'il se présente comme plus héroïque ou exigeant. Le bonheur, avec la paix et la joie qui l'accompagnent coïncide avec le fait d'être à sa juste place. Toujours ces deux critères : être heureux, faire le bien.

PAUL - Comment pourrais-je vérifier que mon choix est le bon ?

JEAN - Il faudrait que je retrouve quelques textes issus de la tradition ignatienne, qui donnent des indications pratiques sur la manière de discerner... Mais en gros, cela part de la première expérience spirituelle de Saint Ignace qui sur son lit de soldat en convalescence, se faisait des films dans sa tête en imaginant soit (1) ce qu'il ferait s'il gagnait tel combat, s'il séduisait telle princesse etc... soit (2) ce qu'il ferait s'il suivait la voie de tel ou tel saint. Les 'films' de type (1) le mettaient en joie quand il y pensait mais le laissaient dans une sorte de tristesse ou d'abattement lorsqu'il revenait à la réalité, tandis que les 'films' de type (2) le gardaient dans la joie pendant et après le travail de son imagination, même une fois revenu à la réalité. De là il a déduit différentes règles pratiques pour vérifier intérieurement si telle ou telle voie est ou non inspirée par le Seigneur, ou au contraire représente une tentation que l'Adversaire met sur notre route pour nous faire dévier de notre vraie vocation.... Si le fait d'envisager intérieurement telle option du choix, de l'imaginer, te laisse en paix une fois revenu au réel, et même t'aide à vivre plus heureusement et plus courageusement la réalité présente, même si elle est encore différente de ce que tu projettes de faire - c'est que tu es sur la bonne voie.

PAUL – Est-ce qu’il n’y a qu’une seule « bonne voie » ?

JEAN - Je ne pense pas qu'il y ait une seule réponse à la question de la vocation, car je ne crois pas que l'on soit prédestiné à une voie, comme si Dieu avait préécrit ce que nous devions faire, ou comme si l'on pouvait déterminer objectivement ce pour quoi quelqu'un est fait. C'est un peu comme dans l'amour : ce n'est pas quelqu'un de l'extérieur qui peut dire si deux personnes sont faites l'une pour l'autre, car c'est à elles de le dire ; mieux, c'est à elles de le décider ! Car la vocation est autant affaire de se laisser attirer par une voie (parmi plusieurs qui conviendraient aussi), que de la choisir, de la préférer aux autres voies. D'où ces quelques recommandations : garder ouverte la question de ta vocation ; te réjouir de te poser cette question - signe que tu prends la vie au sérieux, et que tu ne te contentes pas de vivre au jour le jour ; avoir assez confiance en Dieu pour croire qu'il saura bien mettre sur ton chemin les personnes et les événements pour t'aider à choisir la manière dont tu voudras aimer au maximum de toi-même ; faire une relecture chaque jour des occasions d'éprouver l'amour de Dieu et de tes décisions d'aimer en retour, qui procurent les plus grandes joies, à toi et aux autres ; ne pas y réfléchir seul, mais accepter d’en parler à un vis à vis, à un accompagnateur qui par son écoute, t’aidera à une relecture plus objective de ce qui t’anime.

PAUL – C’est alors à moi de décider, de choisir cette voie parmi d’autres bonnes voies possibles ?

JEAN - Oui. A ce titre, il n'y a pas de grandes et de petites décisions. Bien sûr, devenir prêtre, s'engager dans la vie religieuse ou se marier et fonder une famille représente une décision majeure dans une vie, et qui pourrait induire un certain stress, du fait de l'incertitude et de l'enjeu ; mais en réalité, une telle décision est prise sans inquiétude et presque naturellement, si elle est préparée par l'habitude de prendre ordinairement des décisions, grandes ou petites, qui vont dans le sens de la joie et de la paix évoquée ci-dessus... Par exemple, un jeune pour qui l'Eucharistie devient progressivement indispensable, qui choisit de lui consacrer du temps en semaine, parce qu'il a vérifié que c'était un chemin de vie... quelqu’un pour qui trouve sa joie à partager sa foi, avec ce que cela suppose de réflexion préalable sur cette foi, d’attention aux attentes des hommes, ce jeune peut envisager avec une certaine liberté intérieure une vocation sacerdotale. De même quelqu'un qui vérifierait au quotidien sa joie d'être auprès des malades pourrait envisager une vocation dans ce domaine, ou la vocation religieuse pour quelqu'un qui découvre concrètement la prière comme ouverture à l'absolu de Dieu qui seul suffit...

PAUL - Parfois j'essaie de faire le "bilan" de la journée et de le remercier pour celle-ci, mais ce n'est pas toujours évident. Comment je pourrais m’y prendre ?

JEAN - Une attention pratique aux joies quotidiennes et à leur origine peut déjà être un exercice spirituel suffisant pour le moment. On en reparle bientôt. D'accord ?

par Raphaël Bui publié dans : Foi
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Commentaires

Bonjour,


Je me suis toujours beaucoup interriogée sur la vocation. Qu'est c qui fait qu'un homme se sente tout d'un coup appelé par Dieu... Pourquoi Dieu s'adresse t il à telle ou telle personne. J ai été frappée par l'exemple de Karol Wojtyla qui a plusieurs reprises au cours de sa vie a entendu des appels de Dieu.


Amicalement,


Ad

commentaire n° : 1 posté par : adeline le: 21/04/2006 23:03:07

"Vocation" signifie appel. C'est Dieu qui appelle, à la vie, à l'amour, au bonheur. Et il ne réserve pas son appel à quelques 'happy few'. Mais les médiations qui font résonner cet appel peuvent être variées.

Il est possible que ce soit sans médiation lorsque par exemple l'appel du Seigneur passe par sa "voix" entendue directement, comme pour Samuel, Saul de Tarse ou Jeanne d'Arc. C'est cependant plutôt rare. Le respect que le Créateur a pour sa créature, lui fait réserver de telles vocations à ceux pour qui une intervention aussi immédiate n'entame pas la liberté mais au contraire la fait grandir.

La plupart du temps, l'appel du Seigneur passe par des médiations, des causes dites 'secondes' : par tel chrétien, telle figure de vie évangélique vivant dans un état de vie, tel laïc, tel prêtre ou religieuse, dont une parole ou un exemple viennent réveiller le désir profond porté par le croyant, en consonnant avec ce désir. Cela suppose de la foi et du discernement, que de reconnaître dans ces médiations une communication qui vient de plus loin qu'elles, sans que l'on puisse affirmer de soi-même et avec certitude que c'est Dieu qui nous a parlé à travers telle médiation. Cela suppose aussi de ne pas être seul dans ce discernement, du fait que celui que la tradition appelle Adversaire, Démon, Diable... s'en mêle pour brouiller les pistes.

En exagérant un peu, je dirais aussi que Dieu ne nous appelle pas à nous marier avec tel ou telle - il n'y a pas d' 'âme soeur' -, à devenir prêtre ou religieux etc... mais qu'en nous aimant sans condition, il nous invite à une unique fin qui est celle de l'aimer de tout notre coeur et d'aimer notre prochain comme nous-mêmes, parce que là se trouve la béatitude. En vue de cette fin, le choix des moyens nous appartient, Dieu laissant cela à notre liberté, qui est celle de lui répondre amour pour amour. Pour cela, tout n'est que moyen, y compris l'état de vie que nous choisissons : mariage, célibat consacré ou ministère ordonné, qu'il ne s'agit donc pas d'idolâtrer - avant le choix définitif, peu importe finalement que je sois prêtre, marié ou religieux ; mais lorsque je l'ai choisi, ma fidélité au Seigneur passe par la fidélité à ce choix... - Que ce choix implique des renoncements, et une inquiétude à l'égard de ce que nous pourrions manquer, cela est dépassé joyeusement dans la confiance en l'amour de Celui qui a promis d'être avec nous, quelles que soient les circonstances, quel que soit l'état de vie choisi. Notre finitude implique que nous ayons à nous engager dans un état de vie déterminé qui est une forme particulière de l'amour. C'est le paradoxe que nous ne puissions vivre un amour vraiment universel, qu'à travers l'engagement total dans un amour particulier.

Seule la foi en l'Incarnation, en Dieu se particularisant en Jésus-Christ, peut rendre compte de ce paradoxe, pas seulement au plan intellectuel, mais dans la liberté intérieure que la foi en Jésus-Christ procure au point de pouvoir "tout donner" dans le choix d'un état de vie déterminé.

Rien ne vaut un témoignage, comme par exemple celui-ci, que je viens de découvrir aujourd'hui : http://spaces.msn.com/seminariste/blog/

Bien cordialement,

RB

réponse de : Raphaël Bui (site web) le: 22/04/2006 17:00:20
Bonjour,

Tout d'abord merci pour votre réponse. Si je vous ai bien compris, vous dites qu'en fait Dieu s'adresse à tout à chacun si tant est qu'il est ou elle soit prêt, apte à l'entendre... Donc chacun peut être appelé. Celà peut par exemple expliquer des conversions comme celle de Claudel etc... Et en quelque sorte le prêtre peut aider à celà en tant qu'intercesseur.
Je pense néanmoins que Dieu réserve certains appels, des messages directs à certaines personnes. Je pense à Mere Teresa se rendant à Darjeeling et à qui Jésus demande de fonder un nouvel ordre, de se rendre chez les plus pauvres d'entendre les pauvres ou à Wojtyla travaillant dans une usine chimique et  entendant Dieu lui dire "suis moi". Ces deux exemples n'ont pas eu d'intermédiaire Dieu s'est adressé à eux directement. Alors sont-ce là des exceptions? Et si oui, comment peut on les expliquer? Peut etre peut on les classer dans la catégorie miracle? Alors ils sont proches des apparitions de Bernadette Soubirous. Je lisais dernièrement Le Chant De Bernadette de Werfel que j'ai trouvé très joli et qui dépeint bien celà.
Une autre pensée me vient à l'esprit on parle d'engagement envers Dieu... MAis peut on renoncer à ses envies? Comment cet engagement peut il être total?...
Je m excuse pour mes pensées qui sont là pêle mêle, je suis une laïque et je cherche simplement à comprendre... Je n'ai pas grande culture religieuse ...
Amicalement,
Ad
commentaire n° : 2 posté par : adelinewidmaier le: 23/04/2006 04:10:57

Pour connaître la manière dont Dieu se comporte aujourd'hui avec nous, le meilleur guide reste l'Evangile qui indique la manière dont Jésus s'y prend avec ceux qu'il rencontre. Ainsi il y a dans l'Evangile plusieurs manières d'être appelé : directement par une parole de Jésus qui interpelle de manière péremptoire ("suis-moi") comme pour la vocation de Matthieu (Mt 9,9) ou de Philippe (Jn 1,43) ; après un événement marquant, un miracle, c'est à dire un signe qui suscite la foi, qui fait reconnaître Jésus comme Seigneur, comme pour la vocation de Simon et des fils de Zébédée après la pêche miraculeuse (Lc 5,1-11) ; à travers des médiations comme celle de Jean-Baptiste désignant Jésus comme l'Agneau de Dieu à deux de ses disciples (Jn 1,35-37), ou de Philippe pour Nahanaël (Jn 1,45-46) ; en suscitant délicatement le désir de le suivre et de demeurer avec lui (Jn 1,39) laissant à l'homme l'initiative... Dans tous les cas, la liberté de l'homme est respectée, soit qu'il laisse celle-ci délibérer pour choisir, soit qu'il la réveille et la mette en mouvement par une parole incisive.

Finalement peu importe le caractère direct ou indirect de l'appel, car tout appel du Seigneur invite à un décentrement de soi, qui fait que l'on ne saurait se prévaloir d'un appel de Dieu pour s'affirmer appelé à telle vocation. La petite Thérèse, mystiquement unie au Christ, et très consciente des grâces reçues directement de lui, s'en remettait pourtant à la mère supérieure comme chargée de lui signifier la volonté actuelle du Seigneur. Quelles que soient les médiations de l'appel, l'exigence de décentrement implique d'accepter de passer ensuite par un autre, pour authentifier tout appel cela selon plusieurs critères : (1) le changement produit en soi, en surcroît d'amour, de joie, de paix, de patience, de bonté, de bienveillance, de foi, de douceur, de maîtrise de soi (cf. les fruits de l'Esprit en Ga 5) qu'une relecture avec un accompagnateur permet de mieux mesurer, (2) la confirmation de l'appel par la communauté, l'Eglise, l'institution... parce que l'on n'est pas appelé pour soi, mais pour prendre sa place comme pierre vivante du Corps du Christ qu'est l'Eglise, au service du monde, (3) la confirmation par les événements eux-mêmes qui concourrent ou non à ce que la promesse contenue dans l'appel se réalise.

Bien cordialement,

RB

réponse de : Raphaël Bui (site web) le: 23/04/2006 16:19:11

Merci pour ces éclaircissements. Je commence à comprendre : en fait il n'y a pas comme je le pensais des vocations, mais une seule. Dieu appelle tout homme à suivre le chemin du Christ, c'est la vocation chrétienne de tout baptisé. L'Evangile est pour tous en somme. Il y a bien des manières différentes de vivre l'Evangile selon les situations et selon les personnes. Il y a Pierre, il y a Zachée, il y a Marie-Madeleine...


Dans les Evangiles, Jésus présente une tâche à accomplir, celle du Royaume, du "travail dans la vigne" : "Viens suis moi". Et il dit si "tu veux", "celui qui voudra", "quiconque voudra être mon disciple". Ce n'est pas une contrainte. Il laisse à l'homme la liberté de sa réponse.


A l'intérieur de la vocation chrétienne, il y a plusieurs chemins possibles. La vie religieuse, que ce soit dans un monastère, un couvent ou une communauté, est l'un d'eux. Mais qu'est ce qui fait au final qu'on préfère telle communauté ou tel domaine : exemple la prêtrise plutot que les ordres ?


Amitiés,


Ad

commentaire n° : 3 posté par : eda le: 24/04/2006 19:46:56

"Parce que c'était lui, parce que c'était moi", répondrait Montaigne. L'analogie avec l'amour ou l'amitié fonctionne pour dire ce qui est en jeu dans la préférence pour tel ou tel chemin de vie chrétienne.

L'amour n'est certes pas contraire à la raison, mais pour expliciter le pourquoi de sa préférence pour l'être qu'il aime, l'amoureux ne saurait le faire par un raisonnement ou une simple pesée des avantages et des inconvénients. Celui qui répond à une vocation particulière, sent au plus profond de lui que cet appel suscite en lui une capacité inédite de s'oublier, de servir, de se donner, d'aimer, qui bouscule ses réticences à s'engager.

L'engagement du chrétien peut alors être total, alors même qu'il ne prend pas l'objet de son choix (l'être aimé, l'état de vie...) pour un absolu, qu'il sait que cet objet ne saurait en soi le combler totalement, et que sa foi chrétienne le conforte dans le refus de toute idolâtrie. Ce qui rend cela possible, c'est de percevoir qu'un appel absolu se laisse entendre dans le relatif d'une préférence déterminée, qu'une fidélité à un choix contingent est susceptible de signifier la fidélité à Dieu même ; mieux : de rendre présente la fidélité de Dieu. En aimant de son mieux son conjoint et ses enfants, en vivant à fond sa vocation religieuse dans telle congrégation, ou tel ministère ordonné dans tel lieu de mission, le chrétien qui s'y est engagé sait le caractère contingent du choix de vie qu'il a fait - il aurait pu en faire un autre - et en même temps l'importance sacramentelle de ce choix, lorsque Dieu consacre la matière de ce choix pour qu'elle manifeste l'amour du Christ pour le monde.

réponse de : Raphaël Bui (site web) le: 24/04/2006 19:47:50

Bonsoir,


Je trouve notre dialogue tout à fait intéressant et enrichissant pour moi. En vous lisant je me demandais comment on sait si la vocation n'est pas le fruit de notre imagination. Quelqu'un de non religieux pourrait tout à fait dire qu'on est "halluciné " ou autre...


Amiclament,


Ad

commentaire n° : 4 posté par : eda le: 25/04/2006 00:22:08

Un non croyant est effectivement en droit d'avoir une autre interprétation que celle du croyant, car pour passer du fait à son interprétation, "il y a assez de lumière pour ceux qui désirent voir [croire] et assez d’obscurité pour ceux qui ne veulent pas voir [croire]." (Blaise Pascal) Même le miracle reste un signe qui s'adresse à notre liberté de croire ou de ne pas croire. L'acte de foi reste libre car c'est un acte de l'intelligence, mais d'une intelligence mue par la volonté et soutenue par la grâce. En ce qui concerne la vocation, ce qui compte donc, ce n'est pas de prouver à l'incroyant que son interprétation est insuffisante : on n'y arriverait pas, de même que l'on n'arriverait pas à prouver à un matérialiste pur que l'amour humain n'est pas réductible à de la chimie du cerveau.

Ce qui compte, c'est pour nous-mêmes, d'authentifier un appel comme venant de Dieu et non de notre imagination, de notre subjectivité. Vérifier l'objectivité d'un appel rend nécessaire l'aide d'un tiers : accompagnateur spirituel, père spirituel, 'directeur', mais aussi fiancé(e), amis, famille, communauté, maître des novices, responsable des vocations, évêque... l'Eglise en fait,  avec le recul, et l'expérience des illusions possibles qui enferment sur soi. Toute vocation, tout appel du Tout-Autre passe par la médiation d'un autre qui l'authentifie. L'ouverture vers les autres, le décentrement de soi - y compris à l'égard du choix fait - la joie, la paix, l'humilité du "serviteur quelconque", la croissance de la foi sont des critères de vérification.

réponse de : Raphaël Bui (site web) le: 25/04/2006 22:11:47
D'accord, je ne pensais pas la religion catholique aussi ouverte. Je pensais qu'il n'y avait qu'une foi et qu'on ne pouvait pas trop discuter... Je vois qu'en fait, une grande place est laissée à la liberté.
J'ajoute que je trouve notre dialogue très enrichissant pour moi même qui n'y connait pas grand chose. Je suis une laïque et je ne sais pas si je crois en Dieu. Celà dit, je suis d'éducation catholique donc je suis attachée à cette religion, on va dire que le sujet m'intéresse. Je ne sais pas pourquoi. Au fond, c'est peut être parce que je me sens catholique, que quelque part de par mon baptême j'adhère à cette famille. Le dialogue avec vous a fait naître ces pensées en moi...
Merci!
Cordialement,
Ad
commentaire n° : 5 posté par : Eda le: 26/04/2006 16:05:08
ah oui! il est difficile de revenir en arrière lorsque l'on a dit "oui" à jésus.L'Esprit Saint peut "vous tomber dessus " à n'importe quel âge,n'importe quand.C'est Dieu qui prend l'initiative dès que le coeur est ouvert et réceptif.Quelle joie que de se sentir aimé;quelle joie d'aimer et de pardonner même si nous n'oublions pas le mal qui a pû nous être fait.Quelqu'un disait "ne pas penser que la religion catholique était aussi ouverte" je me permettrais d'ajouter "cherchez et vous trouverez" car l'Esprit-Saint est donné à ceux qui le demandent".Ill n'y a pas de prières savantes ni de recette miraculeuse simplement l'amour de Dieu et du prochain
commentaire n° : 6 posté par : daniel le: 26/04/2006 16:49:51

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