Vendredi 8 décembre 2006

Vie !C'était il y a une dizaine d'année, je faisais la queue dans une pizzeria près de la place du Capitole à Toulouse. Comme la cliente devant moi lisait avec intérêt une affiche sur le Telethon à venir, j'ai engagé la conversation avec elle dans l'intention de lui faire part de quelques objections éthiques. Elle a coupé net mon élan en disant qu'elle était favorable au Telethon, mais surtout, qu'elle avait eu un fils atteint de myopathie, mort à 12 ans de cette maladie. J'ai mis mes convictions en sourdine pour l'écouter, et j'ai en fait eu la chance de découvrir dans ses propos le coeur de ce à quoi j'adhérais, et dans son expérience, la pratique de ce qui n'était pour moi que théorie. A la question : "Et si tout était à refaire ?", elle a répondu sans hésitation : "Je referai pareil." Loin de recourir à l'avortement (IMG), à la suppression de son enfant à naître, elle revivrait ces années inoubliables d'amour, de tendresse, d'accompagnement de son enfant malade.

Dans l'amour de cette maman pour son enfant, dans sa préférence pour la vie - fût-ce diminuée par le handicap - et pour l'amour qui peut s'y déployer, se trouve le fond de la position de l'Eglise catholique sur le sujet. Oui, l'Eglise catholique est réticente à l'égard du diagnostic préimplantatoire (DPI) et de la recherche au moyen d'embryons surnuméraires ne faisant plus l'objet de projet parental, deux pratiques soutenues par l'Agence Française de Myopathie (cf. site de l'AFM). Cette réticence est fondée sur la valeur infinie de la vie humaine, que personne ne peut juger indigne d'être vécue, sous aucun critère (aujourd'hui de santé ou d'intelligence, hier de race ou de classe sociale). Oui alors au Telethon, s'il peut favoriser dans notre société un regard positif sur les personnes handicapées ou malades - mais alors, pas seulement de compassion. Non, si l'on passe insidieusement de la recherche et des soins pour éliminer la maladie et ses conséquences, à l'élimination des malades via un tri embryonnaire, ou à l'utilisation d'embryons humains comme matériau de laboratoire, en s'appuyant sur le plus faible des arguments : "la loi l'autorise."

Quelques sites relevés pour aller plus loin :
- un article du journal "Le Monde" (Jean-Yves Nau, 6/12/06) présentant la polémique.
- une réflexion de fond (Jean-Marie Le Méné, 8/12/06) sur les enjeux de cette polémique.
- le témoignage d'un des organisateurs du Telethon 2005.

 

par Raphaël Bui publié dans : Humain
Mercredi 21 juin 2006

Si la confiance en soi se gagne dans l'amitié, les relations avec les autres, et en particulier avec les personnes de l'autre sexe, le travail... que faire lorsque l'on éprouve un manque dans ces domaines, me demande un jeune à travers quelques questions autour de la confiance en soi...


ConfianceJe n'ai hélas - ou heureusement - pas réponse à toutes les questions que tu as posées sur ces sujets... S'il y avait une réponse, nous serions bien heureux de l'appliquer comme recette du bonheur.

Ce qui rend les choses complexes, c'est que l'on a à la fois besoin du soutien, de l'amitié, de la confiance, de l'amour des autres, des parents, d'amis, et en particulier d'amis de l'autre sexe, pour avancer, grandir en confiance en soi ; et en même temps, que notre valeur véritable ne dépend pas des autres, de leur soutien, confiance, regard, affection etc... Des parents, un(e) ami(e), un employeur, en te faisant confiance, ne font que te donner un déclic, t'aider à découvrir ta valeur qui est intrinsèque et ne vient pas d'eux. Il y a même des personnes qui ont été privés de cette confiance de la part des autres, et qui, en particulier en suivant le Christ dans sa Passion, ont pu découvrir leur dignité infinie au coeur même de l'expérience du déficit d'amour des autres.

Cette valeur de chacun vient ultimement de ce qu'il est enfant de Dieu, et qu'avec ou sans handicap, en menant une vie "intéressante" ou non à ses yeux, aux yeux des autres ou de la société, sa valeur est en réalité au-delà de toute appréciation, au-delà de la somme de ses qualités moins celle de ses défauts. Cette valeur est infinie et inaliénable. La vraie confiance en soi découle de cette découverte-là, à savoir que Dieu trouve sa joie à ce que tu existes, à ce que tu vives : il se réjouit de toi. Lorsque tu prends cela au sérieux, te voilà libre à l'égard de la tentation d'attendre des autres leur approbation, leur confiance ou leur affection. Aimé de Dieu, le chrétien ne cherche pas tant à être aimé, qu'à aimer ; ni à recevoir d'autrui, qu'à rendre à travers lui l'amour qu'il a reçu en plénitude du Seigneur. C'est la prière de Saint François d'Assise :

Saint François d'AssiseSeigneur, faites de moi
un instrument de votre paix !
Là où il y a de la haine,
que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense,
que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde,
que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur,
que je mette la vérité.
Là où il y a le doute,
que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir,
que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres,
que je mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse,
que je mette la joie.
Ô maître, que je ne cherche pas tant
à être consolé… qu’à consoler ;
à être compris… qu’à comprendre ;
à être aimé… qu’à aimer ;
Car c'est en donnant… qu’on reçoit ;
C’est en s’oubliant… qu’on trouve ;
C’est en pardonnant...
qu’on est pardonné ;
C’est en mourant…
qu’on ressuscite à la vie éternelle.


L'enjeu du travail n'est donc pas premièrement de prouver une capacité d'intégration (être apprécié d'un patron, de ses collègues), de trouver une reconnaissance sociale (être reconnu par la société) surtout manifestée par une rémunération, de se prouver sa valeur (s'aimer soi-même à travers ce que l'on réussit)... mais d'aimer, d'employer ses talents - et ses faiblesses - au service des autres, peu importe que ce soit reconnu (rémunéré) ou non. Cela vaut donc le coup de persévérer à chercher un travail où puisse se déployer ton désir d'aimer, de servir, d'être utile... tout en ne te focalisant pas à l'excès sur le fait de l'obtenir ou non, comme si de travailler ou de ne pas travailler devait décider de ta valeur. Je dirais la même chose des amitiés à cultiver de son mieux, avec ce qu'il faut de recul et de désintéressement, pour ne pas attendre d'elles ce qu'elles ne peuvent que donner imparfaitement, ou simplement comme avant-goût de ce que l'on ne reçoit en plénitude que de Dieu seul.

par Raphaël Bui publié dans : Humain
Mercredi 15 mars 2006

Voici quelques textes et photos en diaporama de 1 Mo sous PowerPoint (photos issues de dpchallenge, un excellent site de photos de concours) sur "le regard", en complément du message de Carême de Benoît XVI, et qui ont servi de support à un temps de partage entre lycéens et étudiants...

 

Lumière dans la prisonAppel à l'aideAideÊtre compris

Parmi les accusés de l’affaire d’Outreau, plusieurs de ceux qui ont été innocentés ont trouvé soutien et réconfort en des lieux inattendus. Témoignage : « Après avoir crié des mois, après m’être heurté à des murs, j’ai eu ce sentiment de n’être compris par personne, même pas écouté. Pour moi la justice s’est montrée non seulement aveugle mais aussi totalement sourde ! Le seul rayon de lumière dans ma nuit est venu d’où je l’attendais le moins : la prison. J’ai eu la chance d’être incarcéré dans une maison d’arrêt où j’ai rencontré des gens formidables ! Le Directeur, les surveillants m’ont aidé à vivre. Ils m’ont dit : si vous êtes innocent, tenez bon, vous verrez, la vérité éclatera au procès ! Là-bas je suis redevenu quelqu’un. Malgré ma colère encore aujourd’hui, je veux leur dire merci. Merci à ceux qui m’ont aidé, merci à ceux qui m’ont forcé à sortir de ma cellule, merci à ceux qui m’ont calmé lorsque j’avais la haine, merci à ceux qui m’ont regardé comme un homme. »

 

FamilleLe meilleur ?BallonsDevenir ce que l’on est

Ronaldinho, joueur de Barça et de l’équipe nationale du Brésil, ballon d’or 2005, s’est confié dans une interview à un journaliste français. Les questions fusent entre les matchs européens à Barcelone et notamment contre Chelsea, et l’équipe du Brésil où il est titulaire indispensable : « Pour espérer aller loin en coupe du monde, il faut savoir respecter ses adversaires. Sans exception, il n’y a pas d’équipes faciles. Nous avons tous conscience que sans travail nous n’arriverons à rien. Nos joueurs possèdent un immense talent mais essaient de ne surtout pas écouter tout ce qui se dit autour de nous : que nous sommes les meilleurs… » Le journaliste : « On a l’impression que vous êtes toujours aussi heureux de jouer au football. Votre famille y-est elle pour quelque chose ? ». « La famille c’est très important. Tous les jours, tout le temps. Je ne vois pas pourquoi j’évoluerais dans le mauvais sens. Je suis tel que je suis. Et j’espère le rester encore très longtemps. »

 

Egalité-différence Dialogue MartyrePasser les frontières

Marietta Santoro, la mère du prêtre italien assassiné en Turquie le 5 février dernier a demandé au ministre italien des Affaires étrangères de transmettre à la Turquie l’assurance de son pardon pour Ouzhan Akdin, le jeune musulman de 16 ans qui a tué son fils. Le p.Andrea Santoro était prêtre du diocèse de Rome mais « prêté » à l’Eglise de Turquie, au service de l'Evangile et des personnes marginalisées. Il était un ardent promoteur du dialogue entre chrétiens et musulmans, connu et apprécié pour son engagement social et sa disponibilité à l’écoute et au dialogue. Hikmet Akdin, le père d’Ouzhan a alors déclaré : « Je voudrais réunir suffisamment d’argent pour venir en Italie et baiser les mains de cette femme bonne et courageuse. » « J’ai appris, dit le père d’Ouzhan, que la mère du prêtre lui a pardonné. Je voudrais la rencontrer et lui baiser les mains en signe de gratitude. Sa bonté m’a bouleversé. Pour moi, un chrétien et un musulman sont deux hommes égaux, qui prient un Dieu différent ». (d'après l'agence de presse catholique Zenit)

 

Appréciée pour soi Comme un soleil Mercedes-Benz Être apprécié pour soi-même

Chloé, 23 ans, est selon son patron une jeune fille « avenante et bien dans ses baskets ». Elle travaille à l’agence parisienne de Mercedes-Benz comme assistante de financement, embauchée en CDI en juin 2005 après un an de stage. Rien que de très banal, sauf que cette embauche relève d’un projet innovant de la part de l’entreprise, d’une démarche déterminée de la part de la direction qui a impliqué tout le personnel. Certains ont eu peur ou ont considéré qu’accueillir Chloé était trop lourd. De fait, Chloé est atteinte de trisomie 21. Pourtant, « elle nous a tous surpris » dit Annick, chef des ventes. « C’est un rayon de soleil. Elle pose des questions de bon sens. Elle nous permet de relativiser. Elle est toujours positive. Elle a conscience qu’elle est différente, mais cela ne la gène pas dans son rapport avec les autres. » A la question : quelle est votre fonction, Chloé répond : « J’assiste la conseillère en financement, je vérifie les dossiers de financement, je réponds au téléphone, j’accueille les clients, j’assiste aussi aux réunions avec les vendeurs, je suis la "reine des fax". » Si on lui demande comment elle vit sa trisomie : « Chez Mercedes-Benz, je suis une fille normale. Je ne me sens pas jugée. Je veux que l’on m’apprécie pour moi. » (d'après un article de la fondation Jérôme Lejeune, repris par Zenit)

 

EnvolSeul contre tousAccusateursPéchéAccueillir Son regard

Au premier siècle de notre ère, dans la Palestine sous domination romaine, une femme est prise sur le fait en flagrant délit d'adultère. La Loi juive exige qu'elle soit exécutée, mais Rome interdit la peine de mort dans les tribunaux juifs. C'est l'occasion de piéger ce Jésus que les foules voient comme un nouveau prophète. Les docteurs de la loi traînent la femme et la jettent aux pieds de Jésus. Va-t-il rejeter la Loi juive, et contredire les règles de son peuple ? Ou va-t-il transgresser la Loi romaine et risquer d’être accusé devant les Romains ? Dans les deux cas, il se trouve en tort. Jésus fait alors appel… à la conscience de ses interlocuteurs : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. » Sur cette réponse, tous s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés, laissant Jésus seul avec la femme en face de lui. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

 

par Raphaël Bui publié dans : Humain
Dimanche 26 février 2006

AccueillirAlors qu'en France, des milliers de couples mixtes sont en attente de pouvoir adopter, 262 députés et sénateurs ont signé un Manifeste "pour la défense du droit fondamental de l'enfant d'être accueilli et de s'épanouir dans une famille composée d'un père et d'une mère". Ce qui est en jeu ici n'est pas la situation des couples homosexuels - en majorité lesbiens - élevant de fait les enfants d'un des membres du couple, situation qu'un arrêt récent de la Cour de Cassation améliore en admettant le partage de l'autorité parentale. Il s'agit ici plutôt de l'ouverture ou non d'un droit à l'adoption pour des couples homosexuels.

Voici donc le texte d'un email que j'ai rédigé hier à l'adresse de mon député. Libre à vous, non de le copier tel quel, mais de signaler d'une manière ou d'une autre ce que nous attendons de nos représentants, et à le faire savoir plus largement. Pour plus d'infos, notamment pour trouver l'email de vos parlementaires, cliquer ICI :

Pour l'Aveyron, voici les emails de nos parlementaires non signataires (jgodfrain@assemblee-nationale.fr et b.seillier@senat.fr  ont déjà signé ce Manifeste) :

ycensi@assemblee-nationale.fr
sroques@assemblee-nationale.fr
j.puech@senat.fr

Pour mémoire, voici un extrait de la conférence de Xavier Lacroix sur le sujet : ICI



Monsieur le député / sénateur,
Je vous écrit pour vous dire mon soutien au cas où vous choisiriez de rejoindre les 262 parlementaires déjà signataires du Manifeste "pour la défense du droit fondamental de l'enfant d'être accueilli et de s'épanouir dans une famille composée d'un père et d'une mère". J'espère que face à l'auto-censure imposée par le lobby gay, vous trouverez assez de soutiens pour vous encourager à prendre une position de bon sens partagée à l'évidence par la majorité de nos concitoyens.

 

par Raphaël Bui publié dans : Humain

Kézako ?

TEXtes et images de la part d'un prêtre, faisant partie de ceux qui vonT A LA messe...

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